Sortez et regardez. Tous ces gens. Rien ne peut les sauver. Ils sont tous en combat contre leur personne, contre celle qu'ils sont, qu'ils seront et qu'il ne veulent pas être. C'est fou quand même. Je marchais sur ma rue hier, il y avait d'autres personnes autour de moi, en arrière, en avant, sur les côtés. Je vis ma vie. Ils vivent la leur. Une vie qui peut être si différente ou si similaire, à en faire peur, à faire disparaître le superbe. Cet individualisme obligée ne s'exprime qu'en mots. Je marchais et je lisais. Je lisais le texte de Roméo et Juliette, j'incarne Juliette et j'apprenais mon texte pour Art dramatique. Je ne récitais pas mes parties à voix haute, je les chuchotais. Combien de fois vous est-il arrivé d'appercevoir quelqu'un au loin s'approcher marmonant ou parlant à soi-même que ce soit en lisant une pièce de Shakespeare ou autre, en pensant que cette personne est folle? Eh bien vous savez quoi? Hier, j'étais sûrement perçue un peu éloignée de la réalité, un petit peu désaxée en disant des choses du genre: Mais je te tuerais à par faute de carresses Roméo! ou la plus connue: Ô Roméo! Pourquoi es-tu Roméo? Eh puis, étonnament ou pas, je m'en fous et ça me passe carrément au dessus de la tête.